J’ai fini the Witcher 3, il y a quelques jours. Mon programme étant établi, je devais enchaîner avec God of War 4. Je n’ai pas pu le faire. J’ai pas pu. J’ai ressentie un vide. Pas aussi profond qu’après Mass Effect. Mais un vide tout de même. Je vous en parle.

Alors the Witcher 3, n’est pas parfait, loin de là. J’ai énormément de choses à lui reprocher.  Parlons des bugs qu’il y avait à foison. Des problèmes de collision. De ce bouton “croix” qui faisait qu’à proximité d’une bougie, Gérald se sentait obligé de les allumer. De ce coffre-fort où pour transférer une épée, je pouvais mettre 30 secondes. Ou de ces temps de chargements interminables qui nuisaient à l’immersion. Et n’allez pas me dire qu’il fallait que je fasse la mise à jour, je l’ai faite cette putain de mise à jour.

Parlons un peu des quêtes secondaires qui te punissent en ne t’accordant que quelques misérables points d’XP (expériences) et ce, malgré le fait que je fasse des quêtes en ayant 3-5 niveau en deçà de l’xp recommandée (contre un lechen en ayant le niveau 22 et l’adversaire 29, j’ai eu 10 points d’xp).

Mais ça encore, bien que frustrant, c’est gérable. 
Le bug qui m’a fait le plus chier, c’est lorsque le jeu, lors de certaines cinématiques importantes, enlevait tout simplement le son. Me sortant de ce fait de l’immersion dans laquelle j’étais. Tout simplement rageant.

Mais the Witcher 3 n’a pas que de mauvais côtés. Ce qui en fait un bon jeu, voir un très bon, c’est que les côtés positifs sont bien plus nombreux que les quelques bugs que j’ai pu rencontrer durant mes parties.
La qualité de l’histoire est tout bonnement exceptionnelle. Le fait de choisir ses réponses, que celles-ci aient des répercussions dans un futur proche ou lointain, est tout simplement jouissif. Combien de fois ai-je laissé la manette pour réfléchir au choix d’une réponse que je devais donnée ou à un acte que je devais poser ? Réfléchissant à un possible impacte sur le jeu, à moyen ou long terme ? Et quand bien même, j’essayais de deviner les différents embranchements de mes choix, il arrivait souvent que je sois tout de même surpris. 

On ne peut jamais savoir, sauf si vous avez été sur des forums, lu des soluces ou déjà fait un premier run, ce qui va se passer. Les choix faits peuvent ouvrir de nouvelles quêtes. Si vous vexez tels personnages, des quêtes n’existeront pas. Si vous refusez certaines quêtes ou ne les découvrez pas, certains personnages n’existeront pas.  Il vous faudra écouter certains personnages pour pouvoir avancer et avoir leur aide plus tard. Si vous n’en faites qu’à votre tête, tant pis pour vous. De même, il ne faut pas être tout bon avec tout le monde, certains méritent d’être corrigés.

Le gameplay est, vous l’aurez compris, assez intéressant et immersif. Et je ne parle même pas encore de la qualité des quêtes. 

L’intrigue principale est une des meilleures histoires dans le domaine des jeux vidéo que j’ai vécu. Les quêtes secondaires aussi sont intéressantes. Je pense notamment à une enquête qui m’a fait penser à Jack l’Éventreur. Ou encore au fantôme de Skellige. 
Bien-sûr, certaines quêtes sont répétitives, on prend un contrat, on interroge des éventuels témoins, on utilise son sens de sorceleur, on traque, on se prépare et on combat. Voilà, rien de bien sorcier. Mais comme je le disais plus haut, le système de récompenses laissait au bout d’un moment à désirer. Et j’ai failli abandonné The Witcher, car me perdant dans les quêtes secondaires ou des contrats. N’eût été des amis pour m’avertir que le jeu avait souvent cet effet, j’aurais peut-être lâché le jeu parce que n’étant plus assez payé par le jeu.

Mais je me suis repris et suis rapidement revenue sur la quête principale. Et mon amour pour le jeu est revenue. 
À la fin de la quête principale, j’ai eu sentiment de vide profond, l’histoire de Gérald faisant écho à la mienne. Quand après le générique de fin, je me retrouve à Kaer Moeren, seul, pour finir les quêtes secondaires et les contrats. Je me suis juste dis putain. Comment peut-on vivre une pareille aventure et finir dans un endroit vide, un endroit si plein de vie ? Et je me suis demandé : toi, es-tu toujours en contact avec tous tes amis? Malgré ce que vous avez vécu et traversé ensemble pendant des années ? 

Voilà la force de The Witcher 3 je pense. Être un écho dans nos vies. Les monstres ne sont pas ceux que l’on croit. Un monstre fait ce qu’il fait parce que c’est sa nature, c’est ce qu’il est. Un homme a le choix, bien que conditionné par son environnement, il a le choix. Et pourtant, combien font pire que des monstres !? L’atmosphère à Novigrad m’a rappelé l’Inquisition dans certains pays Européens, il n’y a pas si longtemps que cela. Le comportement des paysans face aux sorceleurs à Velen m’a ramené à celui des paysans dans les campagnes européennes. On ne les aimait pas, mais quand il le fallait, on les appelait. Un mal nécessaire.
L’histoire de la loge des sorcières m’a rappelé la chasse aux sorcières de Salem aux Etats Unis. Bref vous l’aurez compris the Witcher 3 est le reflet de notre société. 

La fin que j’ai eu est plus ou moins le reflet de ma personnalité je crois. Je ne pouvais rêver mieux.

Je ne pouvais laisser vivre Radovid. Emyr, quoi qu’arrogant, était mille fois préférable. Me battre aux côtés de ma fille, lui faire confiance et l’accompagner, lui laisser faire ses propres choix et les assumer parce qu’elle est devenue adulte. Je ne pouvais pas faire d’autres choix, conditionné que je suis par-là vision de l’éducation (je venais de resuivre Boyz in the Hood. j’avais compris certaines choses) que j’ai. J’ai fini avec la femme que je voulais, Yennefer. Pas parce que le livre le voulait, mais parce qu’au-delà des apparences, Tris était juste amoureuse de Gérald. Tandis que Yennefer était folle de Gérald. Il n’y a qu’à voir la scène où on dit à Gérald qu’elle a jeté le lit où dormait Tris autrefois et comment elle le regardait.

Comme je vous le disais plus haut, après avoir fini The Witcher, je devais enchaîner avec le chef d’œuvre de Cory Balrog. Je n’ai pas pu le faire, parce que le jeu que je venais de finir avait eu un impact sur moi, me cassant…J’étais déboussolé, pantois. Comme après un beau rêve et que l’on se réveille le matin pour se retrouver dans le vrai monde. On regarde à gauche, puis à droite, on lève la tête, pour quelques minutes j’aurais aimé… Mais non… La vie continue.
Quand pourrais-je refaire un aussi beau rêve encore ? Cette question, je me la suis posée après Mass Effect 3 en 2014. Il m’aura fallu 4 ans pour en revivre un, aussi bien, avec The Witcher 3.

Après un tel uppercut de la part de CD Project Red, je suis sonné. J’ai envie d’en parler, de rejouer même, mais il est trop tôt. Je suis encore sous le choc. Peut-être plus tard. Il me faut une pause. Peut-être quelques jours, à regarder des vidéos sur le jeu, ou à parcourir les forums. Peut-être, je ne sais pas. Il est vrai que ce jeu m’a donné une claque, comme soufflé par le signe Aard, j’ai été renversé. Mais il faut que je me relève. Que je laisse Gérald à Yennefer. 

Vers le nord, je me dirige. Il faut que j’aille incarner quelqu’un que je n’aimais pas il y’a quelques années (car trop de colère en lui, ne me jugez pas). J’ai remis ce voyage trop longtemps. Il est temps que j’empoigne ma hache Léviathan et que j’aille répandre les cendres de ma femme avec mon fils, sa mère, sur la plus haute montagne du nord.
 Il faut que je devienne Kratos, le dieu de la guerre…