C’est un conte, une ballade. Un testament, une biographie. Un regard jetté en arrière sur une vie. En regardant ce film avec Kaori, nous avons pris une voiture et nous avons fait un voyage de 3h30.

Un voyage durant lequel, le chauffeur, Franck Sheeran, un ancien tueur à gage à la solde de la Mafia Italienne, lui, un irlandais, nous à raconté sa vie.
C’est une confession intime. Les derniers mots d’un homme qui se sait condamné par le temps, et que les regrets ainsi que la solitude rongent. C’est sûrement un des plus beau films de cette année. De cette génération même, je devrais dire.

Il est vrai que la durée peut en rebuter plus d’un, mais croyez moi, vous ne le verrez pas vraiment passer ce film. Il est dense et prend le temps de se poser. Il est froid le plus souvent, voir glacial, quand certains événements sont évoqués. La mort n’est jamais donné avec plaisir, c’est fait parce que cela doit être fait. Et une fois fait, on en parle plus. La vengeance pour la vengeance n’est pas vraiment présente. Les silences sont incroyablement parlant aussi. Vous regardez les acteurs jouer, se regarder et vous comprenez ce qui se passe sans aucune parole. Juste dans leurs regards, vous sentez la tension et les messages.

Le scénario est incroyablement bien écrit. Le film à quelques défauts, certes, mais il se rapproche de la perfection.
S’il dure autant, c’est sûrement parce que c’est là son propos. Le passage du temps. L’auteur nous pousse à nous interroger : est-ce que ce que nous jugeons important aujourd’hui, le sera dans 20, 30, 40 ans ? Le poids du temps ne nous fera-t-il pas comprendre que ce que nous pensions important et nécessaire… étaient juste futiles ? Et les regrets? Qu’en est-il des regrets et des remords ? J’ai aimé le fait que les réponses soient tout le long du film, cachés bien souvent au grand jour.

C’est une histoire intimiste comme je vous le disais plus haut, pas seulement parce que le film est adapté d’une histoire vraie. Mais aussi pare que par ce film, le réalisateur Martin Scorsese revisite ses oeuvres (les Affranchis, Casino), fait quelques clins d’œil à d’autres films et surtout, s’entoure de ses acteurs fétiches comme l’immense Robert de Niro (casino, les affranchis, le parrain 2, Raging bull), Joe Pesci (Casino, les affranchis, Maman j’ai raté l’avion), Harvey Keitel (Until Dawn, Reservoir dogs) et surtout, pour la première fois dans un ces films, on retrouve l’incroyable Al Pacino (le Parrain, Scarface, l’Associé du Diable). Tous se connaissent, tous on eut une vie et une carrière de titans, tous sont vieux et tous, dans ce film, ont l’air de jeter un regard vers l’arrière, emprunt d’amertume, si je puis me permettre.

Le jeu des acteurs est juste parfait, rien à redire. Avoir des scènes entre de Niro et Al Pacino… popopopopo. Ce sont des scènes monstres (dans le bon sens). Il y’a une scène avec Al Pacino et Joe Pesci, du caviar.

Malheureusement, ce jeu d’acteurs est terni au début par la technique de rajeunissement utiliser au cinéma. Ça marche assez mal. Je n’ai pas été convaincu un seul instant. C’était zarb. Dès que j’ai vue ça, je l’ai dis à Kaori qui elle n’avait rien remarqué. Mais bon, peut être est-ce parce que j’ai vue plus de films avec ces acteurs, qu’elle. Je ne sais pas.
Certaines scènes d’action ne marchent pas également. Le poids de l’âge est là. Il se fait ressentir. Et quand tu vois un Robert de Niro rajeuni, marcher ou taper comme un vieux, ça te sort du film.
Heureusement, ses scènes étaient assez rares. Quand au rajeunissement, une fois accepté, le film passe crème.

Si vous avez aimez la trilogie du Parrain, Casino ou encore les Affranchis, vous allez aimez ce film. Il est cependant différent, mais je suis sûr que vous allez l’aimer. Les personnages sont tellement attachant qu’on en oublie qu’ils sont mafieux (n’est ce pas Kaori?). Surtout vers la fin. il est poignant, émouvant, juste.

Le film est un pur chef d’œuvre, je ne le dirai jamais assez. A la fin du voyage, quand nous sommes descendus et que nous rentrions chez nous , l’air hagard, le réalisateur ainsi que les acteurs, ont eu l’air de nous dire “ne fermez pas entièrement la porte, nous sommes encore là…