La série Netflix Self Made : Inspired by the Life of Madam C. J. Walker, sortie le 20 Mars 2020, est une catastrophe… Je ne vais pas vous parler des bons points de la série. D’autres se sont déjà mis sur la tâche. Je vais plutôt vous parler de ce qui dérange.

Et pour être dérangeante , cette série l’est et ce sur plusieurs points. Bien qu’elle ait été écrite et réalisée par une équipe de plusieurs noirs américains, la série semble avoir tout faux. Self Made ressemble plus à une mascarade servant à caricaturer et ridiculiser l’Homme Noir.

Contexte supposée de Self Made

Self Made est supposé raconter l’histoire de Mme CJ Walker, femme entrepreneur ayant révolutionné la création et la vente de produits pour les soins des cheveux crépus. Elle est descendante d’esclaves, passée de blanchisseuse, à femme de succès et créant des emplois.

Bien que, selon le livre Guinness des Records, elle ait été la première femme noir américaine à être devenue milliardaire, elle ne l’est pas devenue de son vivant. De plus, elle n’a pas été la seule. Plusieurs femmes lui ont emboîté le pas, sur plusieurs domaines. Notamment Mme Annie Malone. Elle considérée comme étant la vraie première femme noir à devenir milliardaire de ses propres mains.

Elles ont d’ailleurs longtemps été rivales, sur le marché des produits de soins cheveux. Il s’agit d’une des intrigues de la série. Une intrigue gérée bizarrement à coup de sabotage et de vols de personnels le tout dans un affrontement par sur le colorisme…

J’admire énormément ces femmes parce qu’elles ont participé à redonner confiance aux femmes afro-américaines de l’époque. Pour ne pas allonger l’article, je vous ferai juste savoir (ou rappelé) que le cheveu crépu était (est) oppressée en Amérique (de la déportation des noirs en Amérique à aujourd’hui). Aussi, toutes les connaissances que nos ancêtres avaient à propos de l’art de coiffer les cheveux crépus, avaient disparus.

La plupart des femmes devaient garder leurs cheveux cachés (un problème d’actualité, avec les tissages et autres) et n’avaient pas les produits adaptés pour leur entretien. Elles souffraient d’alopécie, de démangeaison, d’allergies et bien plus. Apprendre à maîtriser les cheveux était un premier pas vers l’émancipation.

Self Made à peine fidèle à l’histoire

Sur Netflix, les gros titres affirment que cette série se base sur la réel vie de Mme CJ Walker. Ce qui, lorsque tu regardes les petits textes et que tu fais des recherches sur Internet, est complètement faux. Sur Wikipédia en Anglais, il est clairement dit que cette histoire est une pure fiction, vaguement basé sur l’histoire de la glorieuse dame. Et c’est aberrant.

Aberrant pourquoi ? Tout simplement parce qu’aujourd’hui, c’est la télévision qui nous éduque (à tort). Et pour toutes les générations futures, cette fiction sera LA vraie histoire. C’est vraiment dommage parce que la série se “moque” de la mémoire d’autres protagonistes de l’histoire de Mme CJ Walker.

En dehors du fait que l’histoire n’est pas adéquatement adaptée à la série, il y a plusieurs stéréotypes qui sont mis en avant sur les Noirs (d’Afrique, d’Amérique et de partout).

Les noirs toujours caricaturés

Je comprend que la série ait voulu soulever des combats auxquels font face les féministes. Que la série ait voulu mettre en avant le problème du colorisme (n’ayant aucun rapport avec la vraie histoire…) qui ne date pas d’hier, je comprend. La série veut parler des difficultés dans un couple entrepreneur, c’est tout à fait compréhensible. Mais si c’était pour nous apprendre à les perpétuer, diffamer et parfois même en rire… Ce n’était pas la peine.

La rivalité entre deux des personnages principaux étaient bien réels. Mais la façon dont cela a été écrit dans la série présente plus une guéguerre inutile qu’une lutte pour de la reconnaissance. Tout au long de la série, l’autre femme est présentée comme une pauvre fille qui ne donne que les coups bas. Mais dans la réalité, c’était toutes les deux des femmes de pouvoir qui voulaient aider les femmes noirs.

Il n’était pas seulement question de s’enrichir pour elles. Ces femmes étaient de grandes philanthropes et ont énormément investi dans l’éducation des Noirs. Elles militaient pour la liberté financière des femmes noirs et leur contribution à la société… La série a préféré s’attarder sur d’autres aspects bien moins intéressants.

Alors que la jeunesse africaine a besoin de modèles, il n’était pas intelligent de représenter des femmes écervelées, de chamaillant pour l’argent et les hommes. Une fois encore je le répète, c’est un manque de respect à l’endroit de ces personnes dont la série “s’inspire”.

Préjugés sur les communautés noirs

Le film a exagéré l’image de la femme forte afro-américaine. Attention, je ne dis pas que c’est mal d’être une femme indépendante et responsable. C’est l’aspect mangeuse d’hommes, intolérante, irrespectueuse et aigrie que je déplore. Je parle de ces femmes qui acquièrent du pouvoir pour combler leur insécurité et piétinés les autres. Plutôt que d’oeuvrer en communauté et se dépasser.

C’est vraiment ce qu’était Mme CJ Walker et Annie Mallone. Des femmes bienveillantes ayant travaillées pour elles, leur entourage et les générations suivantes.

Les hommes ont aussi une place douteuse dans le film. Ils sont relégués au second plans et présentés en traite. Nous sommes tous humains. Chacun a sa place dans la société. Mais la série semble affirmé que les hommes sont inutiles et méprisables. L’homme afro-américain de surcroît. Il n’y a que Cleophus Walker, le beau père de Mme CJ Walker, qui était bien. Il a été joué par Garrett Morris. Et je retiens plus de meilleurs moments avec lui dans la série qu’avec d’autres acteurs.

S’informer sur les faits

Je pourrais vous parler en long et en large des problèmes de cette série… Mais ça me prendrait des pages et des pages. Je vous conseille la vidéo de Grandeur Noir sur le sujet. Il est bien plus détaillé et m’a d’ailleurs inspiré pour cet article.

Non, comme dit plus haut, la série n’a pas que des défauts. Octavia Spencer (Hidden Figures, Snowpiercer, The Shack) a été grandiose dans le rôle principal. Blair Underwood (The Event, Ironside, Quantico) a fait de son mieux et Tiffany Haddish (Girls Trip, Night School) nous émerveille toujours autant.

Je ne vous recommande pas cette série. Contentez vous de faire des recherches sur les femmes énoncées dans l’article et apprendre d’elles. La série en soi n’est pas un divertissement sain…