Sorti en 1993 et réalisé par Steven Spielberg (j’ai encore besoin de présente ses films ?) avec dans les rôles principaux Liam Neeson (Batman begins, Taken), Ben Kingsley (Ghandi, Iron man3) et Ralph Fiennes (Harry Potter, les Hauts de Hurlevent), la liste de Schindler est un film historique et dramatique.

Le film raconte comment Oskar Schindler, industriel allemand et sympathisant nazi, réussit pendant la seconde guerre mondiale à sauver environ 1200 juifs d’une mort certaine.

Parler de ce film est compliqué. En effet, il est éprouvant et dérangeant. Éprouvant parce qu’il met en scène la cruauté humaine. Dérangeant parce qu’on se demande comment est-ce que cela a pu arriver ? Est-on aussi cruel que ça ? Rien qu’en essayant de me souvenir du film, j’ai des frissons qui me parcourent tout le corps, comme si j’étais fiévreux. Ce film m’a marqué au fer rouge.

Si vous ne l’avez jamais regardé, faites donc. Il est nécessaire que vous le fassiez, il est important que vous le regardiez. Vous vous demandez sûrement pourquoi ? Parce que ce film est un rappel que nous sommes humains et ce par le personnage qu’est Oskar Schindler. Le héros, si je puis le qualifier ainsi, est un personnage ambiguë qui, attiré par l’appât du gain, devient sympathisant nazi. On le dit noceur, coureur de jupons, fêtard et surtout c’est un profiteur de guerre.

Une fois n’est pas coutume. Je ne vais pas parler de mon ressenti envers ce film.  Je ne peux tout simplement pas, car c’est au-dessus de mes forces. Je ne saurai même pas par où commencer. Non, ce que je vais faire, c’est vous parler de ce qu’il y’a autour du film.

Avant d’être un film, la liste de Schindler est un livre écrit par Thomas Keneally. Ce livre lui-même est issue d’une rencontre improbable dans une boutique aux USA, entre l’auteur et Léopold Poldek, un survivant polonais de la shoah. Le survivant lui raconte dans sa boutique, comment il a survécu au drame grâce à Oskar Schindler. A l’aide des documents qu’il a conservé, l’auteur publie en 1982 son histoire.

Quand on lui parle du livre pour la première fois, Spielberg pense qu’il s’agit d’une fiction. Finalement il se rend compte qu’en fait non, il s’agit d’une histoire vraie. Ne se sentant pas prêt émotionnellement, il décide de confier la réalisation à Roman Polanski. Ce dernier décline l’offre, se sentant trop proche de l’histoire (sa mère a été tuée à Auschwitz et lui-même est un survivant du ghetto de Cracovie en Pologne). Spielberg la propose ensuite à Martin Scorsese (the Irishman, Les Affranchis…) qui lui aussi refuse de réaliser le film arguant que seul un juif pourrait réaliser ce film.

Après la chute du mur de Berlin en 1989, le Néo-nazim prends de l’ampleur. Craignant alors que l’opinion puisse finir par accepter l’impensable, il se décide à réaliser le film lui-même, afin que ce film joue le rôle de piqûre. Il aura fallu attendre près de 10 ans.

Le tournage du film a débuté en mars 1993. Le cinéaste a obtenu la permission de tourner à Auschwitz. Mais par mémoire pour les victimes, le film a finalement été tourné sur les scènes du camps en extérieur, sur un plateau représentatif. Le tournage pris fin en Mai de la même année.

Parmi les 30.000 figurants que compte le film, il y’avait des enfants des juifs sauvés par Schindler ainsi que des acteurs Allemands. Jouer ses rôles leur permettait de s’affranchir de l’héritage familiale en ce qui concernait ce massacre.

Lord du tournage, l’actuel Ralph Fiennes ressemblait tellement au personnage qu’il incarnait que l’une des servantes du camps, Mila Pfefferberg, en a tremblé quand elle l’a rencontré pour la première fois.

De tous les films réalisés par Steven Spielberg, la liste de Schindler est sûrement l’un des plus éprouvants qu’il ait eu à faire. Robin Williams (le cercle des poètes disparus, Good morning Vietnam), ami de Steven, l’appelait chaque jour. Il passait ensuite près de dix minutes à raconter des blagues, afin de remonter le moral de l’équipe du film.

A sa sortie, le film a rencontré un immense succès (23 millions pour réaliser le film et plus de 300 millions de recettes) Spielberg a été le grand gagnant cette année-là, avec de multiples prix dans différentes compétitions internationales, raflant à chaque fois le prix du meilleur film et du meilleur réalisateur.

S’il été plutôt bien reçu, certains critiques n’ont pas été tendre envers le film. Certains l’accusant de transformer la Shoah en une sorte de spectacle et d’autres d’avoir occultée l’épouvante du tableau général de la Shoah. D’autres encore, reprochent au réalisateur de s’être juste concentrer sur Schindler et ses juifs.

Je n’ai rien à dire, je suis né quasiment un demi-siècle environ après les faits. Ce que j’ai vue du film m’a horrifié. Et je ne sais pas comment il aurait pu faire plus, sans choquer de trop l’auditoire et l’aliéner… Non, pour moi il a su trouver le juste milieu et atteint son objectif. Nous rappeler que si le mal existe, il existe des gens bien capables de tout pour faire la différence. Il ne s’agit pas seulement d’un film sur la Shoah. Il s’agit d’un film sur un homme qui, en dépit de son appartenance au parti nazi, a sauvé de nombreuses vies humaines en dilapidant sa fortune pour ceux par qui il l’avait obtenu. Et ce n’est sans doute pas pour rien que malgré ces quelques critiques, l’Etat d’Israël a décerné à Oskar Schindler la médaille de juste parmi les justes.

Une dernière chose avant de partir, pour ce film, Steven Spielberg n’a pas touché un sous, estimant qu’il s’agissait de l’argent du sang. Allez voir ou revoir ce film, seul ou avec vos proches. Plus de 25 ans après, si vous êtes attentifs à l’actualité, vous verrez que le sujet qu’il traite est toujours aussi brûlant.

« Même les bonnes journées étaient tristes. Jamais on n’a osé rire ou raconter une blague. J’avais du mal à dire « action » parce que « aktion » est le terme allemand pour parler de la déportation vers les ghettos juifs… Réaliser ce film m’a changé à jamais. » Steven Spielberg.