Alors que la Terre, dans un futur proche, est secouée par des surcharges électriques venant probablement de Neptune, l’ingénieur et astronaute américain, Roy McBride (Brad Pitt) y est envoyé pour résoudre le problème. Par la même occasion, il va tenter de renouer contact avec son père (Tommy Lee Jones), disparue une quinzaine d’années auparavant, lors d’une mission qui avait pour objectif de prouver l’existence d’une vie extraterrestre.

Si vous avez aimé 2001, l’odyssée de l’espace, Gravity ou encore Interstellar, il se peut que vous aimiez à ce tour, ce film. Je dis bien « Il se peut ».  En effet, je dois vous le dire, au sortir de ce film, j’étais un peu troublé, voir perplexe. Quand je regarde un film, très tôt, je sais ce que le film veut me raconter, quel est le premier niveau de lecture ainsi que les suivants. Mais avec Ad Astra, je n’ai pas compris le film à vrai dire. J’ai eu l’impression que c’était le genre de film d’aventure qui finit par se perdre et ne rien dire. Puis, en farfouillant sur le net, je suis tombé sur un commentaire : pour comprendre le film, il faut comprendre la filmographie du réalisateur : James Gray. Les relations familiales est son thème de prédilection dans la plupart de ces films : La nuit nous appartient, Two lovers, The immigrants, The lost city of Z.

Si dans The lost city of Z, James Gray suit celui qui part, dans Ad Astra, il suit plutôt celui qui reste.  Il nous fait voir de part le comportement du héro l’impact qu’a eu le départ et la disparition de son père. Le réalisateur nous le présente comme quelqu’un de froid, de distant, qui se pense supérieur aux autres (le prénom du héro n’est donc pas anodin : Roy signifie le Roi). Quand on prend le film sous cet angle, il prend tout son sens. Il ne s’agit pas seulement d’un film se déroulant dans l’espace, il s’agit avant tout d’un film sur le voyage initiatique 1de Roy McBride, un astronaute qui a mal vécu le départ de son père, qui poursuivait ses propres rêves et fantasmes, comme un abandon ; et qui, pour ne plus souffrir de cet abandon, met de la distance entre lui et les autres.

Il y a de forte chance que vous aimiez ce film si vous avez lu l’Alchimiste de Paulo Coelho et que vous décidiez de le voir sous l’angle du voyage initiatique plutôt qu’un Space Opera2. Les films sont aujourd’hui ce qu’étaient les contes et fables hier. Il y’a un message, une leçon, une vision. Dans Ad Astra, James Gray nous dit ceci : celui qui part a sa propre vision des choses, ses rêves, ses fantasmes, ses ambitions. Son départ n’est pas forcement contre vous, il a fait un choix. Vous qui restez, vous avez le choix, soit de vivre et de souffrir avec ce que vous interprétez comme un abandon, soit de vivre en vous concentrant sur ceux qui restent, qui vous aiment et qui se battent pour vous .

Regardez Ad Astra, il est bourré de défauts, certes, mais il est à l’image de  l’humanité : imparfait.

  1. Un voyage initiatique est un voyage dans lequel une personne se trouve confrontée à des épreuves, aux nouvelles expériences qui lui permettent de passer à l’âge adulte. (wikipedia)
  • Œuvre de science-fiction caractérisée par une intrigue se déroulant sur un temps considérable et situé dans l’espace sidéral.